Alors les mimis ils l'aiment beaucoup leur nouvelle maison, celle dans et
autour de laquelle on est depuis 1 an 1/2. Mais ils ne veulent pas la partager
avec d'autres, un peu toujours les mêmes, peu nombreux, qui viennent voir par
ici s'il y aurait de la minette en chaleur ou des croquettes de
lusque.
Au milieu de la nuit, bruit caractéristique de la baston de chat, une fois,
je réagis, deux fois, je laisse couler. Mais faut dire que Pingpong qui n'avait
jamais été un grand téméraire prend au sérieux son rôle de chef depuis que
Grizou alias Moumou nous a quittés.
J'entends donc les miaulements habituels, et un bruit qui me fait tendre
l'oreille : celui des griffes sur l'écorce de l'immense pin. Oui, il y a
un très grand pin devant la maison, on le voit même sur la photo satellite qui
n'a pourtant pas une bonne résolution. 15 mètres de haut, le bidule. Comme un
immeuble de 6 étages.
Des chats qui sont montés dans cet arbre, j'en ai déjà vu : 2 de mes
mimines n'ont pas hésité à aller faire les pitresses dedans pour se rendre
intéressantes. Mais elles redescendent de branche en branche
précautionneusement et se laissent "glisser" sur les 3 derniers mètres du tronc
nu. Mais une ancienne chatte de la maison avait failli rester coincée... et
puis j'ai de mauvais souvenirs.
Quand je venais de rencontrer mon copain, un de ses 2 chats a passé 24h dans
un palmier très haut. Je l'ai entendu miauler par hasard et il a fallu
l'échelle pour aller le chercher. Il faut dire qu'il faisait très froid ces
jours-là, le Mistral soufflait en fortes rafales et il n'y avait aucune branche
pour se poser.
J'ai une sorte de 6e sens avec les chats, une peur panique qui me saisit quand
la situation qui n'est pas affolante en elle-même va avoir des conséquences
dramatiques. Le danger n'est pas immédiatement perceptible mais c'est le moment
où le chat atteint le paroxysme du stress. Celui-là est mort dans nos bras peu
de temps après un matin où on rentrait de fête, en s'étouffant avec la
nourriture qu'il venait d'avaler. L'épisode avait déclenché la leucose dont il
était certainement porteur. Oui, ce n'est pas gai, mais c'est pour expliquer
que la présence d'un chat coincé plus de quelques heures dans un arbre
m'angoisse.
Mais comment est-ce-qu'on en est arrivé là ?
Il y a un jeune chat qu'on avait déja vu l'année dernière et qui revient
barouder autour de la maison en ce moment. En général, s'ils n'ont pas notre
appui en base arrière, nos chats ne sont pas assez offensifs pour le faire
fuir. Il faut dire que les mâles sont castrés et qu'ils n'ont pas trop
d'entraînement. Mais c'est vrai que depuis quelques jours, Pingpong est à
donf'. Excessif en câlins, en jeu (non merci, mimi, le gros lézard vert pété de
trouille sous le canapé, on s'en passait très bien). Je les mettrais bien une
semaine en colonie de vacances, tiens :o)
Donc ce coup-ci ils ont coursé l'étranger... dans l'arbre. Et il y est
resté. La nuit. Et le jour. Et bien que ça ait été très calme toute la journée
avec nos chats dormant à l'intérieur, il n'en a pas profité c'te couillon. On a
pensé à aller le chercher, mais il est à 10m de haut, aura sûrement peur de
nous et... grimpera un peu plus. Ce soir il a commencé à manifester une
certaine envie de bouger, j'ai vu qu'il commençait à penser que sa gamelle et
son coussin seraient bien agréables. On dirait qu'il ne sait pas comment faire,
enfin il n'a pas vraiment essayé non plus.
...sauf depuis 1h, j'entends de nouveau le bruit des griffes dans la grosse
écorce de pin. Mais le problème, c'est que c'est l'heure de tous les chats
gris, que les nôtres ont tous les sens en éveil et que quand il fait mine de
descendre il se fait de nouveau courser par des monstres à poils et griffes (je
les ai entendu se battre dans l'arbre !).
J'espère que dans la nuit les gardiens vont se coucher et qu'il aura l'idée
de tenter à nouveau.