En toute logique puisqu'on avait raté le premier rendez-vous, on s'est
retrouvés cette semaine pour la réunion collective... où on était deux. Alors
il faut savoir que ça se passe dans une (toute) petite pièce louée dans un
bâtiment de curetons. Pendant qu'on patientait à l'extérieur le temps que
l'entrevue précédente se termine, ceux qui allaient et venaient nous
regardaient d'un drôle d'air. On faisait un peu tâche à partager notre point de
vue désabusé sur la société avant de rentrer dans la salle... Sainte
Marie-Madeleine dont tout un mur était de décoré de phrases religieuses. J'y
peux rien, je suis allergique.
Je crois que la personne qui est supposée m'accompagner 3 mois dans la mise
en place de mon activité n'a absolument rien compris à ma problématique, ni à
celle du mec, d'ailleurs. Mais lui par contre pourrait être en mesure de me
filer des tuyaux (puisqu'il a monté sa boîte dans le domaine artistique) et
réciproquement. Si c'est de la chance, c'est un beau coup de chance ou alors ça
n'arrive pas par hasard.
Elle, elle est programmée pour reconvertir les gens. Elle n'a visiblement
jamais entendu parler du principe du portage salarial et je ne suis pas
certaine que les 3 mois suffiront pour que je le lui explique.
Malgré la déception suscitée par le contact que j'ai eu avec la boîte qui
prend plein de subventions pour sous-traiter des services inadaptés à l'ANPE,
j'ai pu discuter avec quelqu'un qui allie la décontraction de ceux qui ont
beaucoup vécu et l'esprit incisif et protestataire qu'il faut garder. Arborant
presque un tampon "j'ai été à Bénarès" sur sa silhouette ;o) mais en ayant
sauvegardé ses neurones. J'ai pu me prouver qu'il n'y a pas que sur internet
que des gens sont au courant de l'actualité (la censure des blogs de GIs en
Irak, la négation de la famille Blum et d'autres choses moins connues), ont
participé aux comités pour la gauche unitaire, vivent dans notre belle région
mais savent ce qu'il se passe en ville ces jours-ci, conscients qu'on est
entrés en résistance. Une résistance personnelle qui prendra pour chacun la
forme qu'il voudra.
Bref, je crois bien, j'espère surtout, que je me suis fait un pote !
