Après-midi d'hiver
Par Minium le mercredi 22 novembre 2006, 05:01 - Mondes parallèles - Lien permanent
C'est l'hiver. Bon, ok, au niveau du calendrier on est encore en automne. Bon c'est l'automne hiver, alors. C'est l'automne hiver et il pleut. J'aime bien. J'aime bien cette fraîcheur, les arbres qui rougissent puis perdent leurs feuilles petit à petit, silhouettes dégingandées. Il fait froid dehors, pas encore tout à fait assez pour qu'il neige ceci dit. Il fait frais dans les pièces de la maison, sauf autour de la cuisinière à bois, et dans la salle de bains, parce qu'il ne faut pas déconner non plus.
Oui, j'aime bien me couvrir, mettre des vraies chaussures, faire du feu, laisser mijoter une cocotte sur le coin de la cuisinière, ajouter une couette sur le lit et me blottir dessous, y accueillir les chats.
Le médecin interrompt les soins pour mon oncle. En un sens, je suis rassurée que ce soit possible, et je pense qu'il doit y avoir un bien-être à passer des soins aux soins palliatifs, mais je me demande comment on arrive à le décider quand on est un très proche, comment on le prend.
Comment appréhender la fin de la vie, la mort, le néant, même s’ils sont dans l’ordre des choses. Comment concevoir que ces vies si longues passent si vite. Comment l’esprit humain peut envisager sa propre disparition. L’approche de la mort déchaîne des torrents de pensées insoumises et vaines.
Commentaires
Ce n'est pas la mort en elle-même qui fait peur, c'est de ne pas savoir quand et comment on va soi-même mourir..
Je dirais plutôt en ce qui me concerne que ce n'est pas la mort qui fait peur, mais ce qui la précède.
Voilà, c'est fini.
Et dans ces conditions-là, le plus rapide est le mieux. En effet, je me faisais encore des illusions. Je pensais qu'arrêter les soins ça voulait dire cesser de traiter la leucémie, de combattre la fièvre et les infections, mais donner des antidouleurs et veiller au moins mal-être possible.
Je pensais qu'on installait une perf' avec de l'eau sucrée et des antidouleurs : la dose de morphine prescrite était le tiers de celle qu'on donne à une personne bien vivante qui sort d'une opération bénigne. La personne ne pouvait plus ouvrir la bouche ? Elle n'a pas bu. Personnellement, l'idée de manquer d'eau m'éffraie autant que celle d'être enterrée vivante.
Voilà comment on meurt "Aujourd'hui en France".