Le chaos émotionnel qui se profilait depuis quelques temps pourrait laisser place à un engouement, un enthousiasme profond comme j’en ai eu souvent pour des chanteurs à la première écoute d'une chanson. Comme il y a eu Miossec, par exemple, avant qu'il soit connu.

Le premier morceau entendu la nuit, qui me fige, tous sens en éveil, vagues de frissons dans le dos et chair de poule sur les bras.
Il se confirme par la suite que j’apprécie réellement le travail d’un acteur, d’un chanteur, de quelqu’un qui écrit, que leur création touche du doigt des choses profondément enfouies en moi, dans une autre dimension temporelle c’est certain, mais parfois spatiale ou clonique, une autre moi-même.

Est-ce que j’ai perdu cet instinct ? L’ai-je endormi ?
Ma confrontation récente à la maladie et à la mort m’a-t-elle forcé à écarter la couverture d’endorphines dans laquelle je me drapais ? Est-ce que je sors d’un cycle difficile et qu’une année dans cette vallée m’a permis de récupérer à la fois de la sérénité et la capacité de m’émouvoir ?

J’ai très souvent peur que les accrocs de la vie m’enferment dans la dépression. J’espère qu’au contraire il pourra en sortir de l’écriture. Des mots, des mots, et si possible des sons.