Admettons qu'on est vendredi soir, que j'ai assez mal à l'oeil, que mon ordi s'est vautré et que j'en ai maintenant la certitude, je vais essayer de prendre ça à la coule (coul ? coule ? coulle ?) cool. Je vais trouver une super idée de truc à manger, il aura lu mon sms lui disant de jouer une grille à la grapouillerie nationale, on va faire un effort tous les 2 pour ne pas faire subir à l'autre le courroux que notre journée nous inspire.

ça sera boîte de confit de cuisses de canard (le vendredi c'est ravioli, surtout à la campagne loin du marché et de la grande surface). C'est ce que j'ai réussi à suggérer quelques longues minutes après qu'il m'ait "surprise" avec ma tête d'enterrement devant un rectangle en plastique noir, avec des tournevis, un mouchoir (on transpire vraiment de stress) et en train de proférer toutes sortes d'incantations étranges dont celle qui revenait le plus fréquemment était "de toute façon je gagne à l'Euromiyon et j'en rachète un autre".

Il faut savoir que je me suis vraiment habituée à internet au point que ça ait pris la place des échanges que j'avais au bar avec des amis du temps où notre foie, la monnaie dans nos poches et notre emploi du temps de célibataires nous le permettaient. J'ai des adresses internet, un forum, un blog, ceux des autres, le mail est le moyen privilégié d'échange avec mes proches (je n'aime pas le téléphone - c'est un euphémisme). Néanmoins, après avoir fait des 8 et des {là je me rends compte que je ne sais pas comment on fait l'infini sur un ordi} dans la cuisine en accéléré et échoué dans la devinette mentale de ce qu'il fallait faire de la galette (informatique), ne sachant d'ailleurs pas quelle démarche je souhaitais entreprendre, j'ai appellé un éléphant de mes amis qui fréquente ce blog. Je ne savais pas quand j'aurais moyen de me connecter et je lui ai donc laissé comme message le plus clair "blablabla t'as qu'à juste dire publier que je suis en panne" histoire que mon absence, si elle avait suscité des questions... enfin bref :o)

Nuit de vendredi à samedi passée à chercher des papiers sur lesquels j'aurais des mots de passe qui... eh oui, quand on repart de zéro sur le net, qu'on était depuis 2 ans sur le même ordi, qu'on a enregistré ses configurations et ses mots de passe au fur et à mesure... on se sent vaguement dépourvu. Ce lustre est trop laid. Ouais, je sais, ça n'a rien à foutre ici, mais ça fait 18 mois que je le supporte et là, pof, je sature. Cette semaine (si je tiens le coup pour ne pas y toucher demain à 7h), je me renseigne sur "comment on vire un lustre doré en fausses bougies", je trouve un autre éclairage et même j'essaie de vendre celui-là, tiens.

Bon, je disais.

Que je n'ai pas perdu trop de choses importantes, ou alors je ne m'en suis pas encore rendu compte, ce qui est bien possible. En tout cas, pas des jours de création intensive avec résolution de problèmes insolubles, ni un an de photos (un mois, peut-être, pas sur). J'avais sauvegardés quelques trucs, mon boulot en premier, mes photos en 2 et un jour mais quand, mes mails).